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CONVERSATION AU CAIRE SUR LA CONCEPTUALISATION DE LA DÉMOCRATIE GLOBALE

Ce résumé politique est disponible sur le site web de CDG et a été traduit dans les langues suivantes: العربية简体中文 , EspañolEnglish , Português et Русский 

Qu’entend-on par « démocratie globale » ?

Du 6 au 8 décembre 2009, le programme Construire la démocratie globale a organisé un échange entre différents points de vue sur cette question au Caire, en Égypte. 40 chercheurs et praticiens de 29 pays de toutes les régions du monde ont participé aux discussions. Le groupe lui-même était caractérisé par une riche diversité du point de vue de l’âge, de la culture, du sexe et de la race.  

Comment les participants à cet échange unique comprenaient-ils la démocratie mondiale?  

Cette discussion a donné lieu aux grandes propositions suivantes que le groupe offre à la réflexion en vue de poursuivre le débat et d’encourager l’action. Les idées sur la démocratie globale fondées sur ces prémisses pourraient contribuer en profondeur à la démocratisation très nécessaire de la mondialisation contemporaine.

  1. Le monde actuel est plus global, par conséquent, certaines décisions politiques doivent elles aussi être prises à l’échelle globale. Pour garantir la légitimité et l’efficacité de ces actions, il est important que toutes les parties concernées participent au processus et aient prise sur lui.

  2. Actuellement, la mondialisation prend des formes qui pour la plupart sont extrêmement antidémocratiques. Les entreprises, les communications, l’écologie, les finances, la santé, les connaissances et la migration globales font dans une grande mesure fi de la règle du « gouvernement par le peuple et pour le peuple ».

  3. La construction de la démocratie globale ne fait que commencer et la conceptualisation de cette notion est un élément essentiel de cette entreprise.

  4. Il est peu probable que les idées sur la démocratie héritées des contextes des États-nations constituent une base suffisante pour concevoir la démocratie globale. Dans une certaine mesure (peut-être de plus grande portée), la conceptualisation de la démocratie globale nécessite plus d’imagination, un autre langage et de nouveaux modes de connaissances.

  5. L’exercice de conceptualisation de la démocratie globale doit avoir un lien concret avec la vie, les institutions, les instruments, les politiques et les luttes et les servir. Une conceptualisation trop abstraite risque de se détacher des problèmes concrets et d’empêcher la mobilisation des gens. La conceptualisation de la démocratie globale doit rester directement liée aux processus permettant de la réaliser.

  6. Il est toujours important de se demander qui définit la démocratie globale et à quelle fin.  Les définitions viennent toujours de quelque part et favorisent certains intérêts.

  7. La démocratie en tant que valeur clé pour une bonne société est indissociable de valeurs clés comme la justice, la liberté, la paix, la diversité, le développement humain et la durabilité écologique. Cependant les liens précis et les priorités relatives entre la démocratie et d’autres valeurs, font l’objet de perspectives différentes.

  8. La démocratie va bien au-delà des structures institutionnelles officielles comme les élections, les parlements et les constitutions. D’un point de vue holistique, la démocratie est également une culture, une économie, une écologie et une psychologie politiques.

  9. Il n’est ni possible, ni souhaitable d’avoir un consensus universel sur la façon de concevoir la démocratie globale. Il est inévitable que les principes, les institutions et les pratiques de la démocratie globale soient contestés, parfois même jusqu’à leurs fondements mêmes. Ce n’est pas un problème dans la mesure où cela suscite un échange entre des points de vue différents – sans oublier les tensions connexes – ce qui est essentiel dans une vraie démocratie.  Cependant, la diversité doit servir de base à la solidarité plutôt qu’à la fragmentation, afin d’encourager l’harmonie au milieu des contradictions. De plus « la différence » ne doit pas revenir à rationaliser des pratiques qui violent la dignité, le potentiel, la solidarité et la survie de l’être humain.

  10. Une bonne écoute est la clé qui permet de communiquer et de négocier l’écueil des points de vue différents sur la démocratie globale. Cela signifie écouter vraiment, surtout lorsque les relations sont inégales. Savoir écouter d’autres cultures en faisant preuve de civilité, de respect, de réciprocité et d’empathie est une compétence vitale dans la démocratie globale et est tout aussi important que savoir utiliser des instruments juridiques et institutionnels.

  11. La démocratie globale doit regrouper et inclure de nombreux acteurs : non seulement les nations mais aussi les communautés qui appartiennent à une même catégorie : classe sociale, handicap, ethnicité, croyances religieuses, sexe, génération et sexualité.

  12. Les injustices liées au genre ont miné toutes les démocraties nationales. La démocratie globale devrait être considérée comme une opportunité de progresser vers l’égalité des genres à tous les niveaux.

  13. De par leurs idées provocatrices, leurs pratiques novatrices et leurs mouvements dynamiques, les jeunes constituent une force majeure dans la construction de la démocratie globale.

  14. La démocratie globale doit inclure et se relier à la démocratie au niveau familial, local, national, régional et mondial et établir des liens avec eux. La démocratie à l’échelle mondiale ne sera possible que si elle existe simultanément et de manière complémentaire dans d’autres domaines.

  15. L’emplacement des institutions de gouvernance globales existantes n’est pas et ne sera pas contesté lors de la mise en place de la démocratie mondiale. Les réformistes considèrent ces instruments comme nécessitant des efforts de démocratisation importants. Des critiques plus extrémistes les considèrent comme « irrécupérables ».  

  16. Il est essentiel de relier les réflexions au sujet de la conceptualisation de la démocratie globale à l’élargissement des ressources pour faire progresser les pratiques de la démocratie globale. Il faut entre autres accorder une plus grande attention à l’apprentissage accéléré des citoyens dans l’optique d’une démocratie globale.

  17. La conceptualisation de la démocratie globale n’est pas un exercice à durée déterminée. La réflexion est un processus évolutif continu basé sur des explorations et des conflits.

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