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Antilles

Politique de Genre et Démocratie Globale: Perceptions des Antilles

Patricia Mohammed

Université des Indes Occidentales (University of the West Indies), Saint-Augustine

  

La démocratie moderne centrée sur l’Etat nation a invariablement été patriarcale. Les hommes sont considérés comme les dirigeants naturels des pays et dominent l’arène politique nationale. Les femmes sont généralement reléguées à la sphère privée du foyer et aux rôles de soutien aux hommes dans le processus de prise de décision politique.

 

La question qui surgit donc se porte sur la manière avec laquelle la démocratie globale pourrait et devrait être saisie comme une opportunité de surmonter le patriarcat et de travailler pour l’équité des genres. On a certainement pu observer des développements prometteurs pour positionner les voix, la participation et le contrôle des femmes dans la politique globale. Les exemples comprennent la Convention sur l’Elimination de Toutes les Formes de Discriminations À l’Égard des Femmes (CEDAW) et le processus de Pékin par l’intermédiaire des Nations Unies. Ces initiatives globales ont fait avancer les luttes pour la démocratie de genre dans les sphères nationales, y compris et plus particulièrement dans les pays des Antilles.

 

Cependant, l’incorporation complète de l’équité des genres dans la démocratie globale n’a pas encore été accomplie. Au contraire, les méthodes prédominantes de gouvernance globale sont restées patriarcales, n’incorporant pas suffisamment les femmes dans la prise de décision et traitant le genre comme un aspect marginal de la réalisation de la démocratie. Il est vrai que les impératifs globaux on obligé les Etats des Antilles à ratifier les conventions globales et à ébaucher des politiques nationales pour l’équité des genres. Néanmoins, les gouvernements ont montré peu d’engagement au moment d’accepter et d’exécuter les politiques nationales établies, ni fait pression pour l’équité des genres en tant qu’élément central de la politique globale.  

 

Que peut-on faire pour corriger cette situation et placer les préoccupations de genre au centre des idées et des pratiques de la démocratie globale? Peut-être les expériences récentes de politiques nationales de genre aux Antilles peuvent-elles offrir des suggestions importantes. Cette analyse évalue en particulier les possibles implications pour la démocratie globale des expériences avec les politiques nationales de genre des Iles Cayman, de la Dominique et de Trinité-et-Tobago entre 1999 et 2006. Ces politiques de genre ont joué un rôle important dans la stimulation du changement et l’amorce d’un processus démocratique qui prend en compte les voix des femmes et des hommes aux niveaux national et local, bien qu’elles se soient confrontées aussi à des limitations.

 

Les trois expériences caribéennes indiquent une série d’approches et de propositions qui peuvent aider à placer l’équité des genres au centre des efforts pour la démocratie globale. La première d’entre elles est le besoin de s’assurer qu’il y ait un lien plus intégré entre les institutions régulatrices nationales et globales, malgré les différences culturelles et les sensibilités qui créeront nécessairement des options de politiques différentes pour chaque pays. Il est important aussi de s’assurer que les questions de genre se situent au cœur de la société civile globale et des pratiques de démocratie délibérative globale qui lui sont liées, par exemple par l’intermédiaire du Forum Social Mondial. Il est aussi conseillable d’aborder les propositions de construction de la démocratie représentative globale avec vigilance, étant donné que ces processus ont invariablement produit des résultats patriarcaux, s’occupant des questions de genre seulement pour la forme en augmentant le nombre de femmes à des postes de dirigeantes comme concession aux contentions globales. De plus, l’expérience des politiques de genre dans les trois Etats antillais met l’accent sur le besoin de traiter l’équité des genres comme une préoccupation intégrale à tous les domaines de la politique globale et pas seulement comme un secteur séparé de ‘questions de femmes’ qui peuvent être facilement mis à l’écart. Il y a un besoin crucial de traiter le genre comme un élément central des aspects globaux de la condition humaine tout autant que dans des contextes nationaux, locaux et de foyer.

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