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Afrique sub-saharienne

Développement du Pouvoir d’Action de Genre et Démocratie Globale

Expériences du Kenya

 

Regina Gathoni Mwatha

   

Les influences globales liées à la démocratie et au genre on eu un impact sur les droits des femmes au Kenya. Bien que les forces globales aient quelquefois promu l’égalité des genres au Kenya, les conséquences n’ont pas toujours été positives pour les femmes. Les efforts globaux et nationaux pour développer le pouvoir d’action de genre n’ont pas toujours été compatibles entre eux et peuvent quelquefois entrer en conflit dans une démocratie en développement comme le Kenya. Des dilemmes peuvent donc surgir au moment de joindre la démocratie globale et la démocratie nationale de manière à faire progresser la position des femmes.

 

Depuis les années 1970, de nombreux développements dans l’arène globale ont cherché à promouvoir l’égalité des genres, qui est un ingrédient essentiel de toute démocratie significative. La Convention sur l’Elimination de Toutes Formes de Discriminations à l’Egard des Femmes (CEDAW) fut adoptée par l’intermédiaire des Nations Unies en 1979. L’ONU a aussi parrainé des Conférences Mondiales sur la Femme à Mexico (1975), Copenhague (1980), Nairobi (1985) et Pékin (1995). La Plateforme d’Action de Pékin a été examinée à l’ONU en 2000, 2005 et 2010 et reste un point de référence pour la politique de genre. De plus, l’égalité des genres a figuré au sein des Objectifs du Millénaire pour le Développement (MDGs). Les arènes globales ont aussi promu des pensées importantes autour des concepts de Femmes dans le Développement (WID), de Femmes et Développement (WAD), et de Genre et Développement (GAD).

 

Bien que le gouvernement du Kenya ait participé résolument à ces activités globales relatives au développement du pouvoir d’action de genre, cet engagement ne fut pas traduit en de nombreux progrès pour les femmes sur le front national avant l’année 1990. Durant les premières années, les porte-parole des droits des femmes au Kenya étaient principalement les épouses des ministres du gouvernement et d’autres personnalités éminentes. Les dirigeants patriarcaux ne considéraient pas ces activités comme menaçantes. La Conférence de Mexico suscita la création d’un Bureau des Femmes au sein du Gouvernement du Kenya en 1975, mais cette agence devait faire face à l’insuffisance de financement et au manque de personnel qui l’empêchaient de remplir tout à fait son mandat. De plus, le bureau était un processus ‘accessoire’ qui ne normalisait pas le genre de manière transversale au sein du gouvernement. Néanmoins, le Bureau des Femmes supervisa la Conférence globale de Nairobi en 1985.

 

À la fin des années 1980, les organisations de femmes au Kenya commencèrent à faire le lien entre les droits des femmes, les droits humains plus généraux ainsi que les mouvements plus larges pour la démocratisation du pays. En 1991, la section controversée de la constitution nationale qui prescrivait un Etat à parti unique fut rejetée en faveur d’un système multipartiste. Cependant, l’Etat résista face aux pressions globales pour la démocratie au niveau national, et cette opposition eut des répercussions négatives sur les organisations de femmes au Kenya. Les défenseurs de l’égalité des genres furent dépeints comme des ennemis de l’Etat, et l’expansion générale d’un espace démocratique produisit peu de progrès spécifiques en rapport avec les questions des femmes. De manière analogue, la Plateforme d’Action globale de Pékin n’a pas produit de gains immédiats sur le front du genre au Kenya à cause des antagonismes persistants entre l’Etat et le mouvement démocratique dans le pays.

 

En ce nouveau siècle, le développement du pouvoir d’action de genre a commencé à se sentir au Kenya avec l’introduction de la politique multipartiste. Par exemple, la proportion des femmes siégeant au parlement a doublé de 4,1% en 1998 à 8,1% en 2002. La proportion des femmes aux postes ministériels a augmenté de 5,8% en 2006 à 16,7% en 2008. D’autres augmentations ont eu lieu parmi les fonctionnaires, les ambassadeurs et les conseillers locaux. Durant cette période, une législation importante a été passée, avec des effets positifs sur les femmes. Le Bureau des Femmes s’est transformé en un département à part entière du gouvernement, et en 2003, le parlement a créé une Commission Nationale sur le Genre et le Développement (National Commission on Gender and Development), bien que l’insuffisance de financement soit restée un problème. En 2005, la Mesure de Développement du Pouvoir d’Action de Genre (Gender Empowerment Measure [GEM]) pour le Kenya atteignait 0,54, un niveau plus élevé que pour les trois premiers Rapports Nationaux sur le Développement Humain.

 

Ceci dit, les progrès ont fondu depuis 2008, lorsque l’instabilité postélectorale a relégué le développement du pouvoir d’action de genre et les droits des femmes sur la banquette arrière. Les forces globales ont peu fait pour contrecarrer cette tendance négative. Bien que l’expansion de l’espace démocratique – promu en partie par les forces globales – ait eu des effets positifs sur la position des femmes au Kenya, le pays continue d’avoir un pouvoir d’action de genre limité, même en comparaison avec les pays limitrophes et au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.

 

Global influences connected with democracy and gender have impacted on women’s rights in Kenya. Although global forces have sometimes promoted gender equality in Kenya, the consequences for women have not always been positive. Global and national strivings for gender empowerment are not always compatible and indeed can clash in a developing democracy such as Kenya. So dilemmas can arise when trying to link global democracy and national democracy in ways that advance the position of women.

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